News Updates :

La Belgique, un pays plurilingue et pluriculturel, mais des régions monolingues

giovedì 22 maggio 2014


La situation belge est particulièrement intéressante, et l’on pourrait même dire unique, du point de vue du plurilinguisme et du pluriculturalisme1. Depuis 1993, la Belgique est un Etat fédéral qui possède trois langues officielles, le français, le néerlandais et l’allemand, mais en réalité ces langues n’ont pas toujours eu le même statut, et elles jouissent encore de représentations très variées parmi la population belge. En effet pendant très longtemps, c’est la langue et la culture françaises (et non francophone) qui ont dominé la Belgique. Il s’agit d’une domination politique d’abord, puisqu’au moment de la proclamation de l’indépendance de la Belgique en 1830, le français est la seule langue officielle. C’est aussi et surtout la langue de la culture, de la bourgeoisie, qui jouit de lettres de noblesse dont les dialectes flamands sont dépourvus. Ces derniers, fragmentés en de multiples dialectes suivant les villes et les régions, sont considérés comme une langue « populaire » dans le sens négatif du terme. Mais dès 1830, la partie de la population qui parle un dialecte flamand dans la vie quotidienne et qui se voit obligée d’adopter une autre langue à l’école ou pour les démarches administratives, entame de longues et âpres luttes linguistiques pour que soit reconnu leur dialecte, ou du moins la langue à laquelle il est rattaché, le néerlandais. C’est ainsi qu’en 1898, la « loi d’égalité » reconnaît juridiquement le néerlandais comme langue nationale à côté du français, auquel s’ajoute la langue allemande en 1932, de façon à satisfaire une partie de la population (environ 0,8% de la population belge) habitant à l’est de la Wallonie et qui parle un dialecte germanique.
La Belgique est donc actuellement un pays plurilingue, mais constitué de régions monolingues ou bilingues : en 1962, la frontière linguistique dessine le tracé définitif de la frontière politique au sein de chaque région (la Région Flandre, la Région Wallonie, et la Région Bruxelles-capitale), la Région Flandre adopte alors le néerlandais comme seule langue officielle, la Wallonie le français, tandis que la région de Bruxelles-capitale conserve son bilinguisme originel francophone-néerlandophone. Aujourd’hui en Belgique, 58-59% de la population parle un dialecte flamand2 comme première langue (maternelle) tandis que 40-41% parle français, et 0,69% de la population parle un dialecte allemand.

Fichier:Belgique régionale

Dans ces rapports de force entre les langues, essentiellement voulus par les locuteurs néerlandophones, c’est le français qui en pâtit le plus : reconnu comme une des trois langues officielles de l’Etat belge, il n’a plus que le statut de langue régionale à Bruxelles et en Wallonie, tandis qu’il devient langue étrangère dans la Région Flandre. De plus, ces rapports de force entre les langues existent toujours à l’école secondaire, notamment entre le néerlandais, le français et l’anglais. On tentera de les expliciter à plusieurs niveaux de l’enseignement secondaire en Région Flandre.
 
 
Notes
1- Voir notamment Les politiques des langues en Europe (2007) pour un exposé succinct de la politique linguistique en Belgique, et Blampain et al. (1997) pour une présentation approfondie de la situation du français dans ce pays.
2- Le flamand a deux acceptions : il désigne soit l’ensemble des dialectes néerlandais de la Flandre (belge) soit le néerlandais standard tel qu’on le parle en Flandre (belge). On entendra par « flamand » le dialecte parlé dans un territoire de la Flandre belge.
Share this Article on :
Ads arab tek

© Copyright Universtudy 2010 -2011 | Design by Herdiansyah Hamzah | Published by Borneo Templates | Powered by Blogger.com.