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LES AUXILIAIRES

lunedì 19 maggio 2014

  1. Définition
La notion d’auxiliaire est une de celles qui donnent lieu à des définitions fortement divergentes selon le cadre théorique auquel on se réfère. On se contentera dans un 1er temps de développer ce que les grammaires reconnaissent comme auxiliaires.
Définition de Grévisse :
« on appelle verbes auxiliaires des verbes qui, dépouillant leur signification propre, servent de simples éléments morphologiques en se combinant avec d’autres formes verbales, surtout le participe passé. »

exemple : 
  1.  Marie a une poupée (le verbe avoir signifie posséder, c’est le seul verbe de la phrase)
  2.  Une poupée aimée (aimée désigne l’état d’être aimée, aimée porte de façon permanente sur le référent poupée)
  3.  Marie a aimé cette poupée (avoir n’a plus le sens de possession, joint au participe aimée il exprime le fait d’aimer dans le passé.)
A aimé entre dans une structure qui permet d’opposer cette forme à aime d’une part et a avait aimé. « a aimé » appartient donc à la conjugaison du verbe aimer.
Dans cet ensemble, "avoir" a perdu son sens propre, et sa valeur temporelle propre, ce n’est plus qu’un morphème appelé « auxiliaire temporel ».

D’où la définition de Henri Bonnard :
On appelle auxiliaires les « verbes qui constituent, avec un verbe à une forme impersonnelle (infinitif, gérondif, participe) un ensemble dont le signifié grammatical est lié à leur association. »
Les verbes auxiliaires principaux sont avoir et être, qui se combinent avec le participe passé pour donner les temps composés et surcomposés ainsi que le passif.
Il faut aborder également certains verbes dits «  semi-auxiliaires » qui semblent devenir auxiliaires dans certains de leurs emplois :
Exemple : 
  •  venir : n’est pas aux dans « il vient manger » (c’est un verbe de mouvement, il a son sens plein) Dans le texte de RETZ «  allez vous reposer » = sortez, je vous ai assez vu !
  • Venir est auxiliaire dans « il vient de manger une cuisse de poulet » : le mouvement est très abstrait, venir de + infinitif signifie le passé proche, c’est plus un auxiliaire d’aspect que de temps : l’action de manger a été récemment accomplie
Henri Bonnard, à la suite de D. Willems et de G.R. Roy propose un faisceau de critères permettant d’analyser les différents niveaux d’auxiliation :
  1. altération du sens lexical : dans son emploi d’auxiliaire le verbe est subductif, abstrait 1/1 à lui-même
  2. coalescence du GV ainsi constitué : j’ai habité ici * j’ai ici habité
  3. invariabilité du participe
  4. affinité avec la forme impersonnelle, surtout l’infinitif.
Aucun de ces critères n’est suffisant en soi, il n’y a pas de trait formel que l’on puisse donner pour l’unique pierre de touche de l’auxiliarité. La conjonction de plusieurs indices n’est même pas une preuve.

Dans notre corpus, nous n’avons aucune forme surcomposée. (texte du Cardinal de Retz)

ON peut distinguer quatre groupes d’auxiliaires, entre lesquels on va classer le corpus (RETZ)
temps voix aspect modalité
Je n’ai guère eu Pour faire pendre Je venais de rendre Devait produire
J’en avais usé Qui font croire Vous allez voir J’ai failli à perdre
Vous l’avez sauvé

La reine se mit à sourire On me l’a voulu faire croire
Il a été aussi furieux



Un homme ne vous peut flatter
On me l’a voulu





Vous avez bien travaillé





Comment se serait-il pu adoucir





Qui soit jamais sortie






A opposer à : qui se vient jeter et allez vous reposer
  1. Avoir et être, auxiliaires temporels
Avoir, couramment employé avec un sens plein ( il a une belle voiture, elle a de beaux cheveux, il a huit ans, il a la grippe) de tenir ou de posséder, implique la disjonction des ensembles désignés par les SN en position de sujet et d’objet , il a donc un caractère très abstrait. Il entre en complémentarité avec le verbe être qui est intransitif au sens d’exister, et qui connaît aussi des emplois très abstraits comme copule ( c’est Marie, Dieu est, John est un garçon charmant)

Dans la conjugaison du verbe, cette complémentarité lexicale se retrouve dans les emplois comme auxiliaires temporels :
Il est venu # il a fermé la porte

Corpus
Je n’ai guère eu                                                                           
J’en avais usé
Vous l’avez sauvé
Il a été aussi furieux
On me l’a voulu
Vous avez bien travaillé
Avec être : Qui soit jamais sortie
Le temps composé a deux valeurs aspectuelles : la valeur fondamentale est celle de l’accompli, la valeur seconde est l’antériorité.

Les verbes intransitifs se partagent entre être et avoir pour former leurs temps composés :
Etre : pour les verbes intransitifs conclusifs (ou perfectifs)
Avoir pour les verbes transitifs en général et les intransitifs non conclusifs (imperfectifs)
Le choix de l’auxiliaire est lié à « l’ordre du procès » c’est à dire à cette opposition aspectuelles perfectif # imperfectif.
Les verbes conclusifs sont incompatibles avec toute indication d’intervalle comme longtemps, une heure, quelques jours
Les non conclusifs peuvent être accompagnés d’un complément de durée ( il naquit longtemps # il marcha longtemps)

Parmi les intransitifs, un certain nombre connaissent un libre choix de l’auxiliaire et on peut opposer :
  • Il est descendu à la cave = il y est ( y = à la cave)
  • il a descendu le Pic du midi en 40 minutes ( l’été dernier)
  •  nous avons monté pendant 4 heures ( simple indication d’une direction, verbe non conclusif)
  •   nous sommes montés sur le toit : but qui ne saurait être dépassé, conclusif
Pour descendre, l’intransitif se conjugue aujourd’hui avec être, mais à l’époque classique, (et encore maintenant quoique plus rarement) pouvait se conjuguer avec avoir pour marquer l’action : le thermomètre a descendu de 4 °.
L’origine de ces doubles formes vient du latin : la forme avec être vient des verbes déponents latins : secutus sum, ausus sum → # venutus sum
Les formes avec avoir viennent du latin parlé : res omnis relictas habeo
Liste des verbes avec auxiliaire être : accourir, advenir, aller, arriver, décéder, demeurer, descendre, devenir, échoir, éclore, entrer, intervenir, monter, mourir, naître, partir, parvenir, rentrer, repartir, ressortir, rester, retomber, retourner, revenir, sortir, survenir, tomber, venir.
Mais ces listes ont été sujettes à changement dans le temps et le seront encore : ex : choir a développé l’aux avoir en FM. Descendre, monter, passer, ressusciter aussi. Mais bien sûr, dès que ces verbes ont un emploi transitif, ils prennent tout de suite l’aux avoir.

Etre avec des verbes pronominaux :
Comment se serait-il pu adoucir                                                                      

  1. être auxiliaire de voix :
LE verbe être constitue avec le participe passé des verbes transitifs un semble de formes périphrastiques appelées conjugaison passive : ex : j’en suis aimé, j’en serai aimé, j’en étais aimé, il en fut aimé.
Cette valeur se confond, surtout au présent et à l’imparfait avec celle d’un syntagme attributif, pour les verbes non conclusifs : ce roi est aimé de ses sujets = est populaire
Pour les verbes conclusifs, la solidarité des éléments est indiscutable à certains temps (tiroirs), mais ambiguë à d’autres, surtout présent et imparfait.
Passifs indiscutables :
  1. Faire auxiliaire de voix ou diathèse :
Critères de reconnaissance : altération lexicale, coalescence avec l’infinitif, invariabilité du participe.
Faire + infinitif : cette construction exprime, parmi les ≠ façons de concevoir la participation du sujet à l’action, le fait que le sujet peut faire exécuter l’action par un autre :
Ex : le vase tombe : x (f)
Le chat fait tomber le vase : y fait [x(f)]
On appelle traditionnellement cette construction la voix causative ou factitive.
Avec laisser : le sujet peut ne pas empêcher qu’un autre fasse l’action. On rencontre le terme « voix causative »

  1. Aller auxiliaire d’aspect :
Tournure qui semble une création en français, pas très ancienne, développée seulement à partir du 16ème siècle. Il convient de distinguer cette tournure de celle où l’infinitif est le complément du verbe de mouvement : il va lui rendre visite = il prend sa voiture, ou l’ascenseur, c’est bien le verbe de mouvement suivi du complément de progrédience.
Ex : la pluie va tomber = aller exprime l’ultérieur proche. L’auxiliarité est marquée par l’absence de mouvement spatial / Cet AUX est incompatible avec avoir ou être ( seulement aux temps simples) , ce qui peut prouver une identité de classe.

  1. Les auxiliaires de modalité
C’est là que se posent de nombreux problèmes
Faut-il considérer peut comme auxiliaire dans «  ne vous peut flatter » ? L’altération du sens lexical ne semble pas isolable. EN effet on considère que les sens de «  avoir la capacité «  et de « avoir la latitude » sont de sens plein

L’auxiliarité est mieux marquée pour «  il peut pleuvoir demain » = peut-être pleuvra-t-il demain. Ici le verbe pouvoir marque l’éventualité, la possibilité, l’approximation, voire le souhait «  il peut encore manquer son train », il peut être 5 heures : affirmation atténuée en probabilité

Même raisonnement pour devoir : sens plein pour «  il me doit 100 francs ( avoir une dette ». Il me doit le respect = obligation morale
Mais «  il doit être 5 heures » = modalité de doute, d’approximation ;
« j’ai dû me tromper de route » = affirmation atténuée par le doute.

Devait dans le texte : l’indicatif passé, ici l’imparfait est couramment utilisé au 17ème siècle là où nous emploierions le conditionnel passé pour exprimer une action qui aurait pu se produire et ne s’est pas produite, C’est de règle pour les verbes devoir, pouvoir, falloir. → éventualité non réalisée, dont l’origine est le latin debebam = j’airais dû
Faillir : verbe défectif. Ici dans la construction «  j’ai failli à » ( aujourd’hui j’ai failli perdre…) Il marque une action presque accomplie/ au 16ème siècle, cette nuance est donnée par les verbes cuidier (MA) ou encore penser(16ème -17ème ) Faillir est d’abord construit avec à ou de «  ce messager faillit à être pendu » ; manquer de, manquer à (18ème ) ont eu le même sens : j’ai manqué me casser la jambe.
On peut trouver aussi laisser dans l’expression «  ne pas laisser de » qui est une tournure figée propre à la langue classique et littéraire au sens de « ne pas cesser de , ne pas manquer de » avec une nuance adversative.

(origine Pellat, Riegel, Rioul)
Les auxiliaires aspectuels et modaux ne sont pas reconnus au même titre qu’être et avoir par la tradition<. Ils sont suivis de l’infinitif ( sauf aller dans « il va chantant ») et ajoutent au verbe des indications aspectuelles ou modales. On les enregistre comme auxiliaires dans la mesure où, comme être et avoir, leur sémantisme se réduit à une indication grammaticale : la construction AUX + inf semble bien parallèle à la construction avoir, être + participe passé
Cependant la liste de ces auxiliaires n’est pas fermée. Si certains ont indiscutablement un statut comparable à celui d’avoir et être, d’autres possèdent un sens lexical qui les rapproche
Plutôt d’un verbe ordinaire.

Auxiliaires d’aspect : stade antérieur au début de la réalisation du procès : aller, être sue le point de, être en passe de.
Dans cette construction, aller se met au présent et à l’imparfait uniquement. Le présent « va commencer », est en concurrence avec le futur simple ; l’imparfait est en concurrence avec le conditionnel ( action postérieure dans un repère passé)

Commencer à /de ; se mettre à : aspect inchoatif
Etre en train de , aller + -ant : périphrase archaïsante, mouvement figuré ( un devenir = : le mal va croissant
Finir de : saisie du procès avant son stade final
Venir de ( symétrique de aller) : procès saisi immédiatement après son stade final.

Auxiliaires modaux :
Pouvoir et devoir expriment respectivement deux valeurs modales fondamentales : la possibilité et l’obligation.
Pouvoir ( et savoir) = capacité physique et intellectuelle (pouvoir nager, savoir nager, savoir parler chinois)
Pouvoir : permission donnée à un tiers, souvent dans une phrase interrogative ou négative «  puis-je fermer la fenêtre ? »
Pouvoir ( et devoir) : probabilité : simple possibilité ou bien probabilité plus forte ( il doit faire noir)

D’autres verbes ont des emplois modaux comme paraître et semblé : on appréhende le procès d’un point de vue subjectif ( il semble dormir) « on peut les traiter comme des auxiliaires »
Vouloir : sens de volition : elle veut dormir ( allemand wollen)
Concurrence de aller pour exprimer un procès à venir teinté d’une volonté figurée : ce mur veut tomber, cette année, il ne veut pas faire froid

Pour exprimer l’avenir, la volonté et l’imminence sont liées : cf. en anglais : will
L’infinitif qui suit un auxiliaire aspectuel ou modal entretient avec lui le même type de rapports que le participe passé avec les auxiliaires être et avoir. 

L’auxiliaire et l’infinitif forment le centre du GV.
Le 1er sert de support aux désinences de temps, personne, nombre, et apporte une indication aspectuelle ou modale. L’infinitif porte l’essentiel de la signification ( état ou processus) et possède les propriétés du verbe. C’est lui qui opère notamment la sélection du sujet et des compléments.
En français classique, le pronom complément se plaçait plutôt devant l’auxiliaire, ce qui prouve la liaison étroite de celui-ci avec l’infinitif.

L’infinitif suivant un verbe conjugué peut aussi être considéré comme un complément de celui-ci et mis en relation avec une subordonnée complétive. Dans le cas des semi auxiliaires, la complétive n’est généralement pas attestée. En outre, à la différence des verbes pleins comme espérer ou vouloir, les semi auxiliaires sont transparents sémantiquement, ce ne sont pas ceux qui opèrent la sélection du sujet, mais le verbe à l’infinitif.

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