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LE SYSTÈME ORTHOGRAPHIQUE FRANÇAIS

martedì 14 ottobre 2014

      1. Introduction
L’orthographe peut se définir comme « l’ensemble des fonctions que l’on donne aux lettres et aux signes écrits »1. Comme chacun sait, l’orthographe française ne reproduit pas exactement la prononciation. Cela est notamment dû au fait que l’on a souvent introduit des lettres pour rapprocher certains mots français de leur étymon (ce qui a d’ailleurs parfois donné lieu à des aberrations). Pour mieux comprendre le fonctionnement de l’orthographe française, il faut tout d’abord savoir ce que l’on entend par les notions de phonème et de graphème.

      1. Phonème et son
Un phonème est la plus petite unité phonique qui permet de distinguer les mots d’une langue.

Exemple : Le mien / le tien : ici, les sons [m] et [t] sont des phonèmes car ils permettent de distinguer, à l’oral, la personne de ces deux pronoms possessifs.

Un même phonème peut pourtant connaître différentes réalisations concrètes (sons). Certains sons n’ont aucun rôle distinctif dans une langue.
Exemple : Soit le mot français « rien » : que l’on prononce ce mot en roulant le « r » ou en le grasseyant, on comprendra tout de même l’idée contenue dans ce mot.
      1. Graphème et lettre
La Grammaire méthodique établit ici un parallèle : « le graphème est à la lettre ce que le phonème est au son »2. Ainsi le graphème est-il la plus petite unité graphique à valeur distinctive. On l’oppose à la lettre qui, elle, peut connaître des réalisations multiples (manuscrite, imprimée, majuscule, minuscule).
Un graphème peut se présenter sous plusieurs formes. Soit le phonème [o], on peut le représenter graphiquement de plusieurs manières :
  • par une simple lettre (o) ;
  • par un digramme (au) ;
  • par un trigramme (eau).

      1. Principe phonographique vs principe idéographique
Dans le système orthographique français, un graphème peut :

  • soit correspondre à un phonème de la langue (principe phonographique). Selon la position dans le mot et les règles de combinaison, un même graphème peut correspondre à des phonèmes différents.
Exemple : Exonérer / exception : « x » seul devant une voyelle se prononce [gz] tandis que suivi d’un « c », il se prononcera [k].

Les phonogrammes sont les graphèmes qui réalisent strictement le principe phonographique de représentation des unités sonores.
Exemple : « ça » : « ç » = [s] ; « a » = [a]

  • soit remplir un rôle sémantique ou grammatical (principe idéographique). C’est le cas des lettres dites muettes, c’est-à-dire des lettres qui ne correspondent à aucun phonème.
Exemples : 1. Dans « ils trouvent » : le trigramme « -ent », qui n’est pas prononcé à l’oral, est la marque de la troisième personne du pluriel.
2. Dans « chant » : « t » sert à rapprocher ce mot d’un autre mot de la même famille et à le distinguer du mot « champ ».

Les morphogrammes, les logogrammes ainsi que les lettres étymologiques et historiques sont des graphèmes qui réalisent le principe idéographique.

Les morphogrammes peuvent être :
  • grammaticaux (désinences, marques du féminin, du pluriel, conjugaisons : ils trouvent) ;
  • lexicaux (comme indicateurs de série lexicale : chant - chanter).

Les logogrammes jouent aussi un rôle sémantique en permettant de distinguer les homophones (chant – champ).

Les lettres étymologiques et historiques sont « des lettres qui subsistent dans le système graphique comme des témoins de l’histoire de la langue ou de sa filiation par rapport au latin et au grec »3 (campus > champ).

      1. Syllabe graphique vs syllabe phonique
Selon Grevisse, une syllabe est « un groupe de sons que l’on prononce d’une seule émission de voix ». Une syllabe est dite ouverte quand elle se termine par une voyelle, fermée quand elle se termine par une consonne.

Le découpage d’un mot en syllabes diffère à l’oral et à l’écrit, notamment à cause de l’ « e » muet (qui disparaît souvent à l’oral) ou à cause des lettres muettes.


A l’oral :
- le mot « mère » n’est constitué que d’une seule syllabe phonique fermée et se termine par le son [r] ;
- le mot « discret » comporte une syllabe phonique fermée [dis] et une syllabe phonique ouverte [krè].

A l’écrit :
- le mot « mère » est constitué de deux syllabes graphiques ouvertes (mè – re) ;
- le mot « discret » comporte deux syllabes graphiques fermées (dis – cret).

Les principes de découpage d’un mot en syllabes graphiques sont à la base des règles de la coupure d’un mot en fin de ligne. Voici ces règles :
  • Quand on coupe un mot en fin de ligne, on place un trait d’union.
  • A la fin d’une ligne, un mot se coupe entre deux syllabes (syl/labe ; con/cours)
  • Si le mot contient une consonne double, on coupe entre ces deux consonnes (conson/ne), sauf « ll » équivalant au son [j] (fa/mille).
  • Un mot composé se coupe après le trait d’union (porte-/paquet).
  • On coupe après un préfixe ou avant un suffixe sans respecter les règles énoncées ci-dessus (bis/annuel ; endo/scopie).
  • On ne coupe jamais :
  • après une apostrophe.
  • entre deux voyelles.
  • avant ou après « x » suivi d’une voyelle sauf si ce « x » se prononce [z].
  • avant ou après « y » entre deux voyelles (rayon/ner).
  • entre « ll » = [j].
  • en fin de ligne, après une voyelle seule.
  • devant une consonne + « e » muet à la ligne suivante.

EXERCICES
  1. Découpez les mots suivants en syllabes phoniques puis en syllabes graphiques.
Trembler – écriture – savoir – transpercer – dompter – pédestre
  1. Où ces mots peuvent-ils être coupés en fin de ligne ?
Allègement – sixième – mille-pattes – chatoyer – horizontale – alambic –expatrier – villégiature – orthographe – échalas
  1. Décrivez la polyvalence des unités graphiques des mots suivants.
Exhausser – sangsue - seing – hôtel – femme – grammaire
  1. Dans le texte suivant, extrait de Une page d’amour de Zola, étudiez les relations entre l’oral et l’écrit.
En août, le jardin du docteur Deberlé était un véritable puits de feuillage. Contre la grille, les lilas et les faux ébéniers mêlaient leurs branches, tandis que les plantes grimpantes, les lierres, les chèvrefeuilles, les clématites, poussaient de toute part des jets sans fin, qui se glissaient, se nouaient, retombaient en pluie, allaient jusque dans les ormes du fond, après avoir couru le long des murailles ; et là, on aurait dit une tente attachée d’un arbre à l’autre, les ormes se dressaient comme les piliers puissants et touffus d’un salon de verdure. Ce jardin était si petit, que le moindre pan d’ombre le couvrait. Au milieu, le soleil à midi faisait une seule tache jaune, dessinant la rondeur de la pelouse, flanquée de ses deux corbeilles. Contre le perron, il y avait un grand rosier, des roses thé énormes qui s’épanouissaient par centaines. Le soir, quand la chaleur tombait, le parfum en devenait pénétrant, une odeur chaude de roses s’alourdissait sous les ormes. Et rien n’était plus charmant que ce coin perdu, si embaumé, où les voisins ne pouvaient voir, et qui apportait un rêve de forêt vierge, pendant que des orgues de Barbarie jouaient des polkas dans la rue Vineuse.

NOTE
1 GREVISSE, GOOSSE, Nouvelle Grammaire française, éd. De Boeck – Duculot, Bruxelles, 1995, p. 31.
2 RIEGEL, PELLAT, RIOUL, Grammaire méthodique du français, éd. P.U.F., Paris, 2001, p. 65.
3 RIEGEL, PELLAT, RIOUL, op. cit., ibid., Paris, 2001, p. 72.
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